F1 2022 - Baku : Bis repetita !

La déception connue sur le Rocher quinze jour auparavant étant passée, Charles et le paddock se retrouvent en Azerbaïdjan pour le sixième Grand Prix dans les rues de Baku de l'histoire. Le Monégasque avait l'an dernier réalisé de belles choses, en signant sa seconde Pole Position de la saison 2021 et en finissant quatrième d'une course marquée par l'abandon des deux cadors Hamilton et Verstappen.

Vendredi, les deux premières séances d'essais libres permettent d'introduire un nouvel aileron arrière, qui doit réussir à réduire l'écart de vitesse de pointe avec Red Bull. C'est chose faite puisque Charles a déclaré vendredi soir être satisfait du travail effectué. En effet, l'aileron déchargé donne à la F1-75 un supplément de vitesse d'environ 7 km/h. De plus, le second secteur sinueux reste encore un point fort pour Ferrari malgré cette amélioration. Binotto a également confirmé la bonne direction prise par l'écurie. Autrement, même s'il ne semble pas affecté le temps au tour, le "marsouinage" reste très visible, notamment sur l'interminable ligne droite des stands.

Sur la feuille des temps, Charles reste compétitif. Il termine deuxième de la première séance et premier de la deuxième, à la lutte avec les deux Red Bull. Carlos Sainz est légèrement en retrait mais peut tout à fait refaire son retard samedi en qualifications.

Derrière, plusieurs écuries ont l'air performantes, à commencer par les pilotes Alpine qui impressionnent par leur vitesse de pointe, avoisinant les 350 km/h. Les pilotes Mercedes et Alfa Tauri seront eux aussi à la lutte pour passer en Q3.

Samedi, la dernière heure d'essais libres (retardée d'un quart d'heure suite à des réparations sur le circuit après un accident en F2) maintient le suspens sur l'identité du poleman. Charles est une nouvelle fois derrière le Mexicain Pérez pour soixante-dix millièmes. A peine le drapeau à damier brandi, tous les esprits sont tournés vers l'exercice des qualifications !

En Q1, les Ferrari réalisent tout comme les Red Bull des temps suffisants pour ne pas avoir à ressortir en fin de séance. Celle-ci est marquée par l'accident de Stroll à bord de son Aston Martin. Le Canadien a sous-viré à la sortie du virage 2 et a détruit sa suspension avant droite. Charles et Sainz finissent troisième et quatrième.

En Q2, les quatre voitures de tête continuent à être seules au monde puisqu'elles passent la ligne avec presqu'une seconde d'avance sur le reste du plateau, à commencer par Gasly et les deux Mercedes. Les deux Ferrari s'intercalent entre les Red Bull au terme des quinze minutes. Sainz est dans le match, mais c'est Pérez qui fait le plus peur et qui semble le mieux armé pour détrôner le Monégasque à Baku.

La Q3 commence avec quatre duos d'équipiers (Ferrari, Red Bull, Mercedes, Alpha Tauri) ainsi qu'avec Alonso et Vettel qui continue d'être performant dans les rues azerbaïdjanaises. Les premières tentatives placent Sainz devant Charles et les deux Red Bull. Et comme c'est de coutume, c'est dans son dernier run que Leclerc foudroie la concurrence ! Il s'illustre et améliore par rapport à son coéquipier de plus d'un dixième dans le premier secteur. Il est également devant au chronomètre d'une demi-seconde après le second secteur et réalise finalement un tour en 1'41"359. Malgré sa joie hâtive, il doit attendre la fin du tour des Red Bull … et peut finalement célébrer sa sixième Pole Position de la saison !

Il s'agit de la huitième première ligne en autant de Grands Prix cette saison, symbole de cette régularité si importante dans la lutte pour le titre. Charles réalise sa quinzième Pole avec les rouges, égalant le palmarès de Massa avec Ferrari. Il dépasse aussi Verstappen qui reste à quatorze Pole. C'est sa trente-et-unième Pole en monoplace.

Charles montre sa joie mais reste prudent quant à la course de dimanche :
"Toutes les poles sont agréables mais celle-ci l’est encore plus car je ne l’attendais pas. Je pensais que les Red Bull allaient être plus fortes. Elles ont été très rapides en Q1 et Q2 mais au final, j’ai réussi à faire un bon tour et ça a suffit. Je suis très excité pour la course de demain et une fois encore, la gestion de pneus sera l’une des clés principales. Nous avons bien géré ce problème à Barcelone mais aussi à Monaco, même s’il a été difficile de le voir là-bas. Je pense que nos évolutions nous aident donc j’ai clairement hâte d’être à demain."

Classement des qualifications :

Dimanche, la chaleur de la piste qui avoisine les 50°C va mettre à rude épreuve les pneumatiques des pilotes. Seuls Ricciardo, Ocon, Bottas, Latifi, Stroll et Schumacher décident de partir en gommes blanches. Les fauves sont prêts à être lâchés dans l'arène !

A l'extinction des feux, Charles voit sur sa gauche Pérez prendre un meilleur envol. Le Mexicain lui subtilise la première place au premier virage. Le Monégasque parvient tout de même à protéger sa deuxième position de Verstappen. En somme, hormis le changement de leader, le départ du Grand Prix est calme.

Alors que Pérez prend peu à peu le large le long de la Mer Caspienne, le premier fait de course arrive au neuvième tour, lorsque Sainz part tout droit dans une zone d'échappement, la faute au système hydraulique des freins arrière. C'est le troisième abandon de l'Espagnol en huit Grand Prix. Charles était de toute façon seul face aux deux Red Bull. Cela provoque une Virtual Safety Car dont Charles tire profit puisqu'il plonge dans les stands afin de changer de pneus. La stratégie ne semble pas mauvaise bien au contraire, et malgré un arrêt de plus de cinq secondes, les espoirs sont encore permis, car les deux Red Bull ont poursuivi leurs efforts.

Au quinzième tour, Verstappen dépasse sans la moindre difficulté son coéquipier pour le gain de la première place et ne tarde pas à s'envoler. Deux tours plus tard, Pérez rentre aux stands, puis Verstappen au dix-neuvième tour. Charles reprend la tête pour treize secondes, Ferrari semble sereine avec son protégé…

Néanmoins, le moteur de la F1-75 lâche après le dernier virage du vingtième tour ! Un grand panache de fumée sort du pot d'échappement, laissant échapper tous les espoirs des tifosi… c'est le deuxième abandon en trois courses, deux de trop pour pouvoir entrevoir de réelles chances de titre, pilotes ou constructeurs.

Le reste du Grand Prix est d'un plat assez remarquable : à part les abandons de Zhou et de Magnussen, rien n'a entravé la course des Red Bull qui impose un nouveau doublé. Russell poursuit sa saison parfaite en montant sur la troisième marche du podium, devant un Hamilton souffrant du dos. A noter la belle performance de Gasly qui termine cinquième.

Dès la semaine prochaine, les dix écuries se retrouveront à Montréal, sur le circuit Gilles Villeneuve pour, on ne peut que l'espérer, un réveil du cheval cabré (et surtout une fiabilité retrouvée).

Classement à l'issue de la course :

Top 5 du championnat pilotes : 
01. M. Verstappen : 150 points
02. S. Pérez : 129 points
03. C. Leclerc : 116 points
04. G. Russell : 99 points
05. C. Sainz : 83 points

Classement des constructeurs : 
01. Red Bull : 279 points
02. Ferrari : 199 points
03. Mercedes : 161 points
04. McLaren : 65 points
05. Alpine : 47 points
06. Alfa Romeo : 41 points
07. Alpha Tauri : 27 points
08. Haas : 15 points
09. Aston Martin : 15 points
10. Williams : 3 points

Déclaration de Charles après son abandon :
"Je ne trouve pas les mots car ça fait trois week-ends d’affilée que quelque chose ne se passe pas bien et ça fait donc très mal. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je n’ai encore parlé à personne. J’ai juste remercié mes mécaniciens avant de venir en zone d’interview. Il nous faudra gagner la prochaine course, ça c'est sûr mais pour ça, je dois commencer par faire un reset. La motivation est toujours présente mais là tout de suite, ça fait très mal. Ce sont des revers qui sont très lourds. Ils prennent encore 25 points et c'est beaucoup. Je ne vois plus beaucoup de côtés positifs maintenant, à part la bonne opportunité que nous avons saisie lors de la Virtual Safety Car. Nous devons trouver les raisons de ces abandons et faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. Il nous faut vraiment analyser les choses. On a été compétitif sur la première partie de saison sans avoir de gros soucis mais il semble que les problèmes soient apparus en même temps que nous avons apporté les premières évolutions. Pourtant, nous n'avons pas apporté de changements significatifs. C'est difficile de comprendre ce qu'il se passe mais nous devons absolument y parvenir. Je préfère avoir une voiture rapide et peu fiable que l'exact opposé car il est plus facile de rendre fiable une voiture rapide que l'inverse. Il est vraiment urgent d'intervenir et le plus vite possible avant qu'il ne soit trop tard et que deux titres s'échappent."


Photo : Ferrari Media

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